Comment publier un recueil de poèmes à succès ?

Retrouvez notre interview croisée avec Tosca et Mathilde qui nous disent tout sur comment publier un recueil de poèmes à succès.

Publier un recueil de poèmes, ça vous paraît démodé ? Et pourtant la poésie contemporaine pourrait vous donner envie d’écrire des vers. Et ainsi faire de vous un poète ou une poétesse des temps modernes.

Dans cet article, nous allons vous donner les bons conseils pour auto-éditer votre prose et en faire un succès de librairie. Nous vous avons réservé en exclusivité une interview croisée de Tosca Noury et Mathilde Fialaix. Nos deux jeunes poétesses partagent leur aventure prosaïque à travers l’auto-édition.

Trouver les bonnes rimes pour auto-éditer son recueil de poésie

Aimez-vous la poésie ? Peut-être écrivez-vous des haïkus ? Êtes-vous de celles·eux qui s’amusent à faire des rimes ? Ou alors vous préférez la prose à l’instar de Rupi Kaur qui noircit les pages avec ses émotions pour guérir de ses blessures et renaître telle une fleur.

Quelle que soit la forme de poésie que vous préférez, vous avez la possibilité de publier votre recueil et d’en faire un succès. Et pour cela, nous vous conseillons de trouver le type de poésie qui vous convient. 

Oubliez le Moyen Âge et la chanson de geste, la poésie contemporaine ne manque pas de modernité. Elle est de plus en plus appréciée. Et certain·es s’aventurent même à dire que les réseaux sociaux lui ont redonné de sa superbe. 

Pour quelles raisons ? La poésie contemporaine invite à libérer sa créativité, son imagination. L’écriture est simple, authentique et universelle. C’est pour cette raison qu’elle suppose parfois de partager des choses personnelles. Des choses que nous vivons tou·te·s, mais qui peuvent être difficiles à mettre sur le papier.

La poésie contemporaine ne consiste pas à écrire des alexandrins dans lesquels il serait question d’hémistiches ou d’autres règles strictes. Elle n’a à vrai dire pas de règles du tout. Rien ne vous empêche de revoir les bases sur les strophes et les enjambements. Seulement, vous pouvez faire bien plus simple.

Le meilleur moyen de vous approprier toutes ces possibilités est probablement de lire de la poésie. De cette façon, réfléchissez à la façon dont vous réussissez à vous identifier aux mots. Vous aurez une meilleure idée de ce que vos lecteur·rice·s pourront vivre à travers votre poésie. 

Les secrets pour publier un recueil de poèmes bien construit 

Devez-vous rédiger une introduction ? Faut-il des parties avec des titres qui se suivent d’une façon logique ? Pouvez-vous ajouter des images ou des illustrations ? Plusieurs questions sont à poser avant de se lancer dans la construction de son recueil de poèmes.

Sachez qu’en moyenne, un recueil comporte entre vingt et trente poèmes. Ils peuvent être tous très longs, de taille différente ou même prendre la forme de haïkus. Ces poèmes sont généralement réunis autour d’une thématique ou respectent une certaine évolution – par exemple chronologique – pour former le recueil.

Pour cela, vous devez trouver le fil rouge. Représentent-ils une période de votre vie ? Sont-ils en rapport avec des thématiques différentes comme l’amour, l’enfance, la parentalité, le deuil, etc. ? Cette étape est cruciale, car elle va vous permettre de construire un plan pour votre recueil.

Un conseil que nous pouvons vous donner pour vous aider à démêler le tout serait de choisir des titres à chacun de vos poèmes pour s’assurer de ce qu’ils représentent. Vous pourriez aussi faire une recherche de mots dans vos textes (ctrl/cmd + F sur le clavier). De cette manière, vous déterminerez les mots qui reviennent le plus souvent.

Vous avez toujours du mal à trouver votre fil conducteur ? Dans ce cas, regardez en vous. Car la poésie porte toujours un message, une émotion à transmettre. Demandez-vous donc ce que vous aviez réellement besoin de dire lorsque vous avez rédigé ce poème.

Habiller votre poésie avec des visuels attirants

Alexandre Dumas a dit « la peinture traduit la poésie : elle ne s’inquiète […] des contours tracés par la plume ». En effet, vous pouvez dire plus encore avec votre recueil qu’avec de simples mots. Beaucoup de poètes et poétesses décorent leurs poèmes d’illustrations et de magnifiques couvertures.

De plus, soigner son image de recueil est essentiel. Car parmi les nombreux ouvrages de poésie, la meilleure façon de se démarquer c’est de choisir une couverture qui représentera bien votre livre. De la même façon que vous aimez enfiler des vêtements qui vous plaisent, votre recueil de poésie mérite de recevoir cette attention toute particulière.

Ainsi, créer une couverture sur-mesure qui fait parler de vos poèmes est sûrement une bonne méthode pour aider votre recueil à atteindre le succès. 

Si vous avez lu Le soleil et ses fleurs de Rupi Kaur, vous avez sûrement remarqué qu’elle avait agrémenté son recueil de dessins personnels. Ces illustrations font partie de sa poésie d’une certaine façon. Elles apportent un sens supplémentaire. Vous pouvez d’ailleurs découvrir les produits dérivés de son art sur son site.

Pour plus de conseils sur les images, nous vous recommandons notre article sur comment les utiliser dans son livre. Et pour savoir comment Tosca et Mathilde ont publié leur recueil de poèmes en soignant le design, lisez la suite !

Interview croisée : comment avez-vous fait de votre recueil un succès ?

Tosca Noury est une jeune autrice et une poétesse contemporaine très présente sur Instagram où sa communauté suit son aventure d’écrivaine. Vous pouvez découvrir son recueil de poèmes La force de vivre sur la librairie de BoD et son site Internet

Tosca Noury et son recueil La force de vivre pour son interview sur comment publier un recueil de poèmes à succès
Tosca Noury et son recueil de poésie La force de vivre

Mathilde Fialaix est également une jeune poétesse très présente sur Instagram et Tiktok où sa communauté lui fait plein de jolis retours sur ses poèmes et la soutient activement. Tu es un soleil est le best-seller sur la librairie BoD au moment où nous publions cet article.

Mathilde Fialaix et son recueil Tu es un soleil pour son interview sur comment publier un recueil de poèmes à succès
Mathilde Fialaix et son recueil de poèmes Tu es un soleil

Elles nous partagent leur expérience respective à travers cette interview croisée. Chacune de leur côté a répondu à nos questions.

Comment définissez-vous le genre de poésie que vous écrivez ?

Tosca : « Je crois qu’il est toujours assez difficile de se positionner dans une “sous-catégorie” de la poésie contemporaine, tant elle regorge de talents et de plumes bien différentes. Mes écrits sont toujours inspirés de mes émotions, de mon ressenti et de mon vécu. Mon but est de faire passer un message, une émotion le mieux possible avec le minimum de mots. Rime ou prose, mise en page stricte ou déstructurée, je n’ai pas vraiment de règle 😉 »

Mathilde : « J’écris ce qu’on appelle des vers libres. Ce sont des vers qui ne fonctionnent pas sur les règles de la poésie classique, l’utilisation de rimes, le comptage de syllabes, etc. Je n’utilise pas de rimes. J’ai déjà essayé, mais je n’y arrive pas et je n’y trouve aucun plaisir pendant mon écriture, ça me prend vite la tête… Donc j’écris assez librement, je laisse les vers se former, c’est très spontané comme écriture. Et j’aime jouer avec les mots et leurs dispositions, réfléchir à quand sauter une ligne, jouer avec des sonorités, chercher des synonymes… La poésie contemporaine est, à mon sens, libre et spontanée, mais d’un côté elle est aussi réfléchie. J’écris ce qui me vient, ce que je ressens sur l’instant. Et puis je retravaille la forme, je réfléchis aux mots que j’utilise… Mais le processus d’écriture de mes poèmes est vraiment très spontané !  »

Comment avez-vous assemblé votre recueil de poésie ?

Mathilde : « Mon recueil est construit en quatre parties : amour, souffrance, violence et renaissance. Et dans chaque partie on retrouve les poèmes qui correspondent à ces grands thèmes. J’ai composé mon livre de cette façon, car cela représente une évolution, et je remarque que c’est toujours un peu une boucle que l’on vit tous. On aime, puis on souffre, et on renaît, et la boucle recommence. Enfin, j’espère qu’un jour on peut ne plus souffrir, mais la vie est faite ainsi, il y a toujours des périodes où on se sent moins bien.

Et à la fin, on en ressort plus fort, on guérit et on renaît en quelque sorte. C’est ce que j’ai voulu montrer dans ce livre, que même après avoir vécu beaucoup de souffrances, c’est possible de se relever ! Ce recueil montre mon évolution dans un moment de ma vie, j’ai aimé, puis j’ai connu des douleurs, mais à la fin j’ai réussi à guérir et tourner la page. »

Tosca : « Mon premier recueil est structuré en 6 parties distinctes “Doux-leurre, Celui qui, Escapades, Rayures, Enfance madeleine et Le meilleur est à venir” qui ont pour fil rouge mon vécu et mes émotions à travers plusieurs périodes de mon enfance et de mon adolescence. Ce n’est pas forcément chronologique, mais les textes et poèmes se suivent et forment un tout duquel ils sont indissociables. »

Avez-vous pris le soin d’apporter un design particulier à vos poèmes ?

Tosca : « Pour mon premier recueil, j’ai choisi de faire appel au talent d’une amie très chère, Flore Perrault, pour la couverture, que j’aime toujours autant, un an après. J’ai choisi en revanche d’illustrer moi-même l’intérieur du livre et de varier les mises en pages avec des écritures manuscrites, des dessins, qui pour moi apportent toujours un petit plus aux recueils de poésie. C’est pour moi ce qui les rend uniques et c’est quelque chose qui semble avoir beaucoup plu à mes lecteur·rice·s. Je prends également grand soin de la mise en page pour que le rendu soit le plus propre (et pro) possible. Pour mon deuxième recueil, j’ai cette fois fait appel au talent d’une autre illustratrice, Pauline Gallois, pour la couverture et pour les illustrations intérieures et je ne le regrette pas une seconde, tout ce qu’elle fait est magnifique ! »

Mathilde : « Pour la mise en page intérieure, je n’ai pas fait grand-chose si ce n’est placer les textes soit sur le côté de la page soit au centre. Mais il n’y a pas vraiment de design particulier dans ce premier livre. Par contre pour la couverture, j’ai fait appel à une amie et illustratrice, Flore Perrault, qui m’a réalisé cette belle couverture solaire que j’adore. Et qui je trouve représente bien le contenu et le message du livre.  »

Comment vous sentez-vous d’exposer votre poésie au monde ?

Mathilde : « Cela fait maintenant 1 an que j’ai publié ce premier livre, et un petit peu plus que je partage ma poésie sur mon compte Instagram. Donc aujourd’hui je me sens plutôt à l’aise. Mais au début, avant de publier le recueil, j’étais vraiment terrorisée. J’avais peur d’exposer mes douleurs au monde. J’ai écrit sur des choses très personnelles et difficiles, alors j’avais vraiment peur. Peur de blesser mon entourage, peur du regard. Ça fait très peur de se dévoiler quand on a l’habitude depuis toujours de s’effacer.

Mais écrire est ma passion, et devenir autrice mon rêve et le but de ma vie depuis que je suis petite. Alors je n’avais pas envie de m’empêcher de le réaliser, je n’avais pas envie de me mettre encore des barrières à cause de mes peurs. Alors j’ai foncé. Et j’en suis tellement heureuse aujourd’hui, d’avoir osé, c’est vraiment ma plus belle réussite. »

Tosca : « Étonnamment, pour mon premier recueil, ça n’a pas été “si” compliqué. J’avais un peu d’appréhension concernant la famille, car j’aborde des sujets compliqués comme le divorce de mes parents, la neuroatypie, le harcèlement scolaire ou les abus, et ça a été beaucoup plus simple de partager tout ça avec des inconnus. Je l’ai fait lire à deux amies et mon illustratrice avant, qui m’ont beaucoup rassurée sur ce que valaient mes écrits et sur leur potentiel auprès des lecteur·rice·s. Par contre pour mon deuxième recueil, c’est une autre paire de manches ! Les sujets abordés sont plus durs et je mâche moins mes mots, il sera plus dur à partager. »

Pour quelles raisons pensez-vous que votre recueil de poésie a reçu un tel succès ?

Mathilde : « Sincèrement, j’ai encore du mal aujourd’hui, après 1 an de publication, à réaliser que j’ai des lecteur·rice·s et j’ai du mal à me dire “mon livre a du succès”. Mais petit à petit, j’en prends conscience. Notamment quand je reçois des messages de retours sur le livre. Ou que je suis face à des personnes qui me disent “mais Mathilde tu te rends compte de tout ce que tu as accompli ?” et là je réalise un peu plus. Des raisons qui expliqueraient le succès… La communication a une place énorme là-dedans, c’est sûr. Au début, j’ai fait beaucoup de communication sur Instagram (et un peu sur Tiktok). J’ai été très présente et régulière, en postant souvent des extraits, des reels, etc. Je le fais encore aujourd’hui, mais moins. 

C’est bizarre de l’appeler comme ça, mais j’ai une belle communauté sur Instagram qui grandit de plus en plus (j’ai du mal à réaliser ça aussi, qu’autant de personnes me suivent…). Je reçois souvent des retours sur le livre de la part de mes lecteur·rice·s, ce qui permet de me rendre compte si le livre plaît et pourquoi. Tous me disent que mon livre leur a apporté du réconfort, qu’ils·elles se sentent compris·e·s et moins seul·e·s. Je suis heureuse de voir que mes mots arrivent à faire du bien à beaucoup de personnes. C’est une superbe réussite et récompense. J’ai déjà hâte de vivre la suite de cette belle aventure, avec mes prochains livres ! »

Tosca : « Je ne crois sincèrement pas qu’il y ait de recette magique pour trouver ses lecteur·rice·s. C’est sûr, cela demande du temps et parfois quelques investissements, par exemple en envoyant des services presse ou en créant du contenu sur les réseaux sociaux en lien avec son livre. Mais avec de la motivation et une bonne énergie, on peut vite réussir à se faire connaître un petit peu. Et pour ce qui est des retours sur ce livre, sincèrement, je ne l’explique vraiment pas, je m’attendais à tout sauf à ce qu’il puisse toucher autant de lecteurs. Mais j’éprouve une gratitude sans limite à chaque retour que je reçois. »

Un grand merci pour votre lecture. Et merci également à Tosca Noury et à Mathilde Fialaix d’avoir accepté de participer à cette interview. Nous espérons que ces conseils vous ont plu !

Autrice

Caroline Ricciardi

Rédactrice web et graphiste en freelance, Caroline est passionnée par le monde du livre et de l’entrepreneuriat. Elle apprécie écrire des articles pour BoD et vous transmettre les informations qui vous donneront un petit coup de pouce pour progresser dans votre projet.

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