Les clés pour écrire un prologue de roman

Écrire un prologue est un moyen de captiver vos lecteurs dès les premières pages de votre roman. Voici nos conseils en la matière.

12.10.2026 · Caroline Duchesnes Écrire

Ce que le prologue n’est pas : un avant-propos, une préface, une introduction

On peut considérer le prologue comme une scène à part du roman. Une sorte de chapitre bonus qui précède l’histoire et qui, si elle n’est pas indispensable, permet aux lecteurs et lectrices d’entrer dans l’histoire. Mais aussi de « préparer le terrain » en donnant une information, ou bien d’introduire un mystère destiné à captiver leur attention.

Si prologue signifie d’après son étymologie « ce qui précède le discours« , il diffère d’une introduction. En effet, le prologue fait donc partie intégrante de l’histoire et relève de la fiction, contrairement à l’avant-propos, la préface ou l’introduction qui appartiennent à ce que l’on appelle les paratextes. C’est-à-dire ces textes en marge de l’histoire. Ce sont des pages liminaires, dans lesquelles s’expriment l’auteur·rice, l’éditeur·rice ou encore une personne extérieure à propos du livre. Dans le prologue en revanche, c’est bien le ou la narrateur·rice qui parle.

Les différents types de prologues

Il y a différents types de prologues mais on peut en citer trois principaux.

Le flashback

Le flashback est un retour dans le passé, même si la scène est montrée comme si elle se produisait dans le présent. Il est assez fréquent dans les romans Fantasy que le prologue soit un flashback montrant la genèse d’un monde, l’origine d’une malédiction ou d’une prophétie, ou tout événement fondateur.

Cet événement est montré avant même le début de l’histoire pour poser les bases et le contexte de l’univers qui sera présenté. Mais le prologue flashback peut aussi avoir sa place dans tout autre genre de roman, s’il s’avère pertinent dans la narration.

Le flashforward

À l’inverse du flashback, le flashforward est un bond dans le futur. Un prologue flashforward permet d’intriguer en montrant, comme par le trou de la serrure, une bribe de la suite de l’histoire, et notamment un moment-clé qui suscite des questions.

Dans le chapitre 1, c’est comme si on rembobinait le film pour retracer le fil de l’histoire jusqu’à ce moment-clé. Ce type de prologue est beaucoup utilisé dans le genre du polar et du thriller. C’est par exemple le cas dans le roman La Femme de ménage de Freida McFadden. Dans le prologue en effet, la police est là et découvre ce que l’on suppose être un corps ou une scène de crime. Et le ou la narrateur·rice paraît coupable…

Une perspective différente

Le prologue étant un peu à part de l’histoire, c’est parfois un bon moyen de commencer en présentant la perspective d’un autre narrateur : un personnage secondaire, l’antagoniste, ou tout simplement un narrateur externe à l’histoire. Le roman peut même être un récit enchâssé. C’est-à-dire une histoire dans l’histoire.

Par exemple, dans le prologue du roman La Jeune Fille sur la falaise de Lucinda Railey, le prologue a pour narratrice Aurora, la jeune fille sur la falaise, âgée de 8 ans. Elle se présente et explique qu’elle va ici raconter son histoire et celle de sa famille. À partir du chapitre 1, la narration passe en focalisation externe. L’héroïne n’est pas Aurora mais une autre femme : Grania Ryan.

Mon roman a-t-il besoin d’un prologue ?

Tout roman n’a pas nécessairement besoin d’un prologue. Avant d’écrire un prologue, demandez-vous s’il apporte une véritable valeur ajoutée à votre histoire. Son rôle est de donner au lecteur une information essentielle qu’il ne pourrait pas découvrir aussi efficacement dans le premier chapitre : un événement passé déterminant, un secret, une scène mystérieuse ou un élément de contexte indispensable à la compréhension de l’intrigue. Bien utilisé, le prologue peut éveiller la curiosité, créer du suspense et donner envie de poursuivre la lecture.

En revanche, si votre prologue sert uniquement à présenter vos personnages, à expliquer l’univers de votre roman ou à raconter des événements que vous pourriez intégrer naturellement au récit, il n’est probablement pas indispensable. Un bon début de roman doit capter l’attention du lecteur, avec ou sans prologue. Pour savoir si vous devez en écrire un, posez-vous cette question : mon histoire serait-elle moins claire, moins intrigante ou moins percutante sans ce passage ? Si la réponse est non, commencez directement par le premier chapitre. Gardez à l’esprit qu’un prologue efficace enrichit l’histoire sans ralentir son démarrage.

3 conseils pour écrire un bon prologue

1. Faites court : un prologue efficace va droit au but

Pour écrire un bon prologue de roman, privilégiez la concision. Une à cinq pages suffisent généralement pour installer une ambiance, présenter un événement marquant ou éveiller la curiosité du lecteur. L’objectif n’est pas de raconter toute l’histoire avant le premier chapitre, mais de donner envie de la découvrir. Chaque phrase doit donc avoir une utilité : apporter une information importante, créer une émotion ou faire naître une question. Si votre prologue s’étire sans apporter de véritable valeur ajoutée à l’intrigue, n’hésitez pas à le raccourcir.

2. Évitez l’infodumping : distillez les informations avec subtilité

L’une des erreurs à éviter lorsqu’on écrit un prologue est de vouloir tout expliquer dès les premières pages. Présenter l’ensemble de l’univers, détailler le passé des personnages ou exposer toutes les règles d’un monde imaginaire risque de submerger le lecteur avant même que l’histoire commence. C’est ce que l’on appelle en anglais l’infodumping. Pour réussir votre prologue, privilégiez les informations essentielles à la compréhension de la scène. Vous pourrez dévoiler les autres éléments progressivement, au fil du récit. Le mystère et les questions sans réponse sont souvent bien plus efficaces qu’une longue explication : ils incitent le lecteur à poursuivre sa lecture pour en savoir plus.

3. Accrochez le lecteur dès les premières lignes

Un bon prologue de roman doit immédiatement capter l’attention. Pour cela, vous pouvez commencer par un événement inattendu, une situation dangereuse, une révélation troublante ou un dialogue intrigant. L’essentiel est de susciter une émotion ou une question qui donne envie de tourner la page. Évitez les débuts trop descriptifs ou les longues introductions qui retardent l’entrée dans l’action. Pensez également à terminer votre prologue sur une note intrigante, une révélation ou un élément de suspense qui donne envie de découvrir le premier chapitre. Votre lecteur doit avoir une bonne raison de continuer l’aventure à vos côtés.

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