Comment améliorer son roman ? 10 défauts à corriger (1/2)

Vous en êtes à l'étape de la relecture ? Voici les défauts les plus courants d’un premier jet et les solutions pour les corriger.

Si certains conseils prodigués ici semblent être évidents, ils ne le sont pourtant pas pour de nombreux auteurs. Une piqûre de rappel ne fait pas de mal ! 😊 Vous avez terminé le premier jet de votre roman et vous vous attelez désormais à la relecture. Vous-même ou vos bêta-lecteurs (retrouvez ici notre article sur la bêta-lecture) allez probablement identifier dans votre manuscrit certains défauts. Voici quelques pistes pour les corriger et améliorer votre roman !

Défaut n° 1

LE DÉBUT DU ROMAN N’EST PAS ASSEZ ACCROCHEUR

Soignez la ou les premières phrases de votre roman ! L’incipit est l’un des éléments les plus importants. Il doit absolument accrocher votre lecteur, titiller sa curiosité pour lui donner envie de lire votre livre. N’oubliez pas que la lecture du début du livre peut entraîner son achat. En effet, sur les plateformes en ligne, les premières pages de votre livre sont disponibles à la lecture gratuitement. Formulez, reformulez, jusqu’à trouver le début parfait. Voici un exemple d’un début accrocheur : « Hale savait qu’ils voulaient le tuer avant qu’il ait eu le temps de passer trois heures à Brighton » (Graham Greene, Le Rocher de Brighton).

Optez pour un début in medias res, c’est-à-dire directement par une action ou un dialogue des personnages. Ceci n’est pas obligatoire, bien sûr, mais vous empêchera l’effet « catalogue » d’informations qui caractérise les débuts de roman de bon nombre d’écrivains amateurs. En effet, il n’y a rien de pire qu’un début qui nous donne en bloc toutes les informations à la fois sur les personnages, les lieux, l’univers du roman, le thème qu’il va aborder… Distillez les informations subtilement au fil de l’histoire et des dialogues. Le lecteur ne doit pas avoir l’impression que l’auteur lui « explique » quelque chose.

Veillez à faire apparaître votre personnage principal dès le début de votre histoire, pour que le lecteur sache directement à qui il a affaire. Le lecteur doit également dès le premier chapitre pouvoir s’imaginer la direction vers laquelle l’histoire va se tourner. Pour cela, il a besoin d’avoir quelques éléments d’intrigue ou de connaître une partie des enjeux de l’histoire.


Votre thème doit parler au lecteur sur le plan émotionnel.

Défaut n° 2

LE THÈME DU LIVRE EST MAL ABORDÉ

✅ Définissez clairement le thème de votre livre et le message que vous souhaitez délivrer à travers ce roman. Cela peut être celui des amants maudits, comme dans Roméo et Juliette de Shakespeare, l’absurde et la mort dans L’Étranger de Camus, ou encore l’enfance et l’amitié dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Que voulez-vous dire ou montrer en abordant ce thème ?

✅ Assurez-vous que le thème choisi ait une importance dans l’intrigue, c’est-à-dire qu’il influence l’histoire, est source de conflit, ou même est à l’origine de l’élément perturbateur. Le thème ne doit pas être un « élément de décor », abordé superficiellement et indépendamment de l’intrigue.

✅ Veillez à ce que votre message ou votre prise de position soit clair : votre lecteur doit savoir où vous voulez en venir avec ce roman. Il faut que votre thème parle au lecteur sur le plan émotionnel, résonne en lui. Si vous ne savez pas vous-même quel est clairement votre thème ou votre message, voilà une piste sérieuse à suivre pour améliorer votre roman.


Défaut n° 3

L’INTRIGUE EST BANCALE

✅ Posez-vous la question : votre roman respecte-t-il le schéma narratif ? Autrement dit : y a-t-il bien dans votre roman une situation initiale, un élément perturbateur, des péripéties, un climax, une résolution et une situation finale ?

✅ Assurez-vous que votre histoire contienne du conflit. S’il ne fallait choisir qu’une seule piste pour améliorer son roman, ce serait celle-là ! En effet, c’est le conflit qui crée l’action et la tension narrative. Une histoire dans laquelle tout se déroule parfaitement bien n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Votre personnage doit se trouver en mauvaise posture pour que le lecteur ait envie de savoir ce qui va lui arriver. Créez du conflit entre plusieurs personnages, entre le héros et son antagoniste ou encore au sein du personnage lui-même. Par exemple, il est confronté à un dilemme.

✅ Vérifiez que chaque action/événement ait des conséquences et entraîne d’autres actions. L’enchaînement doit être logique. Veillez à ce que chaque élément auquel vous avez accordé de l’importance dans votre récit ait une utilité finale. Si ce n’est pas le cas, supprimez-le ! C’est ce que l’on appelle le fusil de Tchekhov.


Glossaire

Incipit :
Premiers mots d’un livre.

In medias res :
Désigne une situation où le lecteur est directement placé au milieu des choses, c’est-à-dire au cœur de l’action, un concept créé par Horace dans L’art poétique.

Deus ex machina :
Personnage ou événement inattendu venant opportunément dénouer une situation dramatique.

Mary Sue :
Un personnage trop parfait, qui parfois est une représentation idéalisée de l’auteur lui-même. Le terme vient d’un personnage créé en 1973 par Paula Smith, le Lieutenant Mary Sue, dans une fanfiction qui se voulait être une parodie Star Trek. Dans ce texte, Mary Sue est alors volontairement une caricature des personnages trop idéalisés dans les fanfictions.

Fusil de Tchekov :
Le dramaturge russe Anton Tchekhov résume le procédé de cette manière : « Si dans le premier acte, vous indiquez qu’un fusil est accroché au mur, alors il doit absolument être utilisé quelque part dans le deuxième ou le troisième acte. Si personne n’est destiné à s’en servir, il n’a aucune raison d’être placé là ».

Défaut n° 4

L’INTRIGUE EST TROP PRÉVISIBLE

✅ Trouvez une manière de rendre votre histoire singulière, pour éviter au lecteur un désagréable sentiment de « déjà-vu ». On dit que tout a déjà été écrit. Il est en effet probable que le thème dont vous traitez ou que l’intrigue choisie fasse ressembler votre roman à un autre qui existe déjà. Il peut être risqué de choisir de raconter cette histoire de la même façon.  Posez-vous la question : à quoi s’attend le lecteur ? Que pense-t-il qu’il va arriver ensuite ? Maintenant, détrompez-le !

 Ajoutez des fausses pistes et/ou des conflits qui paraissent insolubles. Par exemple, dans le cas d’une romance, le lecteur sait déjà que les personnages principaux finiront heureux ensemble à la fin de l’histoire. Mais ceux-ci peuvent traverser une crise qui laisse penser que cette fois, c’est impossible ! Le lecteur est alors curieux de savoir comment ils vont réussir à surmonter cela.

 Misez sur le plot twist, ou en bon français le « retournement de situation ». Rien de mieux pour surprendre votre lecteur et améliorer votre roman ! Attention cependant : le plot twist doit avoir été préparé en semant quelques subtils indices en amont, sinon le retournement de situation semble tomber comme un cheveu sur la soupe. Par exemple, le meurtrier n’est pas du tout celui qu’avait imaginé le lecteur. Et pourtant s’il relit le livre, il voit qu’il aurait pu le deviner, s’il avait été attentif ! Si le meurtrier en revanche sort de nulle part et n’était pas connu du lecteur, il s’agit d’un deus ex machina. C’est à éviter à tout prix, car il s’agit d’une facilité scénaristique et le lecteur pourrait à raison se sentir floué…


Défaut n° 5

LES PERSONNAGES SONT INCONSISTANTS

✅ Créez des fiches personnages et pensez à vous y référer lors de la relecture pour vérifier que vos personnages sont cohérents au fil de l’histoire, aussi bien dans leur caractère que leur description physique. Le travail de vos personnages en profondeur est essentiel pour améliorer votre roman !

✅ Vérifiez que vous n’avez pas créé de personnages clichés (par exemple le sportif très beau mais qui n’a rien dans la cervelle) ou des « Mary Sue », c’est-à-dire un personnage sans défaut à qui tout réussit. Trouvez les éléments qui rendent votre héros et vos personnages secondaires uniques (façon de s’habiller, façon de parler, manie…), qui leur donnent une certaine profondeur et donnent envie au lecteur de s’attacher à eux. Ils doivent être nuancés : il ne doit y avoir dans votre histoire ni méchants très méchants ni gentils très gentils. Chacun doit avoir sa part d’ombre et de lumière.

✅ Assurez-vous que votre personnage principal ait un but à atteindre dans l’histoire, des défauts ou des faiblesses qui le rendent humain et réel, ainsi qu’un passé et une « blessure secrète ». Les péripéties auxquelles il fait face doivent jouer avec ses faiblesses, le mettre en difficulté et surtout l’amener à changer. Le personnage doit obligatoirement évoluer entre le début et la fin de l’histoire.


Dans un prochain article, nous aborderons 5 autres défauts à corriger pour améliorer son roman !

Ces pistes vous ont-elles été utiles ? Et vous, que reprochez-vous à vos écrits quand vous les relisez ? N’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires !  👇😀

Autrice

Caroline Duchesnes

Correctrice pour des maisons d’édition et elle-même autrice, Caroline est adepte des ateliers d’écriture et lit tout un tas d’ouvrages sur l’art d’écrire. Elle aime partager ses connaissances en rédigeant des articles de conseils d’écriture sur le blog de BoD.

Plus d’articles

Commentaires

  • C’est intéressant votre article ! Peut-être à nuancer un petit peu, car, par exemple, il y a des livres dans lesquels il ne se passe pas grand-chose et pourtant le style ou l’ambiance fait qu’on veut bien les finir. Je pense à A rebours de Huysmans ou même Le château ou Le procès de Kafka (bon, dans ce dernier il se passe sans doute plus de choses, même si l’on ne comprend pas toujours tout).
    Enfin, je ne connaissais pas Le fusil de Tchekov, merci ! Par contre, l’inverse serait peut-être l’effet MacGuffin à la Hitchcock : il peut y avoir un objet qui sert d’intrigue mais qui devient au fur et à mesure un élément secondaire.

    • Bien sûr, ce sont des conseils généraux, qui s’appliquent à la plupart des romans contemporains. Pour ce qui est des classiques, c’est différent : les habitudes de lecture et les attentes des lecteurs n’étaient pas les mêmes. Mais effectivement, aujourd’hui encore, de nombreux romans ne suivent pas forcément les conseils énoncés ici et se vendent très bien. Les règles sont aussi faites pour être enfreintes 🙂
      Je ne connaissais pas l’effet MacGuffin, mais je m’y intéresserai, merci !

Laisser un commentaire

*Champs obligatoires