Écrire des romans Fantasy et les auto-éditer : l’expérience de R.Oncedor

Ses récits sont captivants et son imagination sans limite... R. Oncedor, autrice de Fantasy aux multiples talents, nous ouvre les portes de son univers.

10.08.2021 · BoD Écrire

Par le fer et le feu, Masques & Monstres, Créatures d’Apocalypse… Peut-être avez-vous déjà croisé la couverture de l’un de ces trois livres sur Instagram ? Cela ne serait pas impossible, car ces ouvrages auto-édités rencontrent un certain succès auprès des fans de fantasy, et bon nombre d’entre eux en ont déjà fait l’éloge sur les réseaux sociaux.

Lecteurs et lectrices apprécient R. Oncedor, l’autrice, pour la qualité de sa plume, ses histoires qui nous transportent dans des mondes imaginaires peuplés de créatures hautes en couleur, mais aussi la beauté de ses couvertures et de ses illustrations, qu’elle réalise elle-même.

Nous ne pouvions que nous intéresser à cette jeune artiste plurielle et n’avons pas résisté à l’envie de lui poser quelques questions. L’imaginaire laisse place au réel le temps d’une interview !

Bonjour R. Oncedor, pouvez-vous vous présenter ?

« J’ai vingt-trois ans. En plus de l’écriture, je suis peintre et dessinatrice. L’écriture et le dessin ont toujours fait partie de ma vie ! J’ai grandi dans les montagnes d’Auvergne, et c’est aussi là que j’ai commencé à écrire à l’âge de neuf ou dix ans. J’ai terminé mon premier vrai roman en 2018, pile au moment de ma soutenance de fin d’études (je jonglais entre la peinture et l’écriture, mon clavier finissait souvent plein de peinture à l’huile !). En 2020, j’ai décidé de le publier toute seule, de manière indépendante. Puis deux autres livres ont suivi… »

… ainsi que l’un de vos livres !

« J’ai actuellement 3 livres parus, mais Masques & Monstres est le grand favori. J’ai passé plus de 300 heures sur ce roman, non seulement pour le texte mais également pour les illustrations… puisqu’il y a un bestiaire illustré de 40 pages à la fin ! Et je prévois la même chose pour le deuxième et dernier tome. Je pense que c’est un roman parfait pour ceux qui aiment les personnages déjantés, les animaux fantastiques et/ou l’urban fantasy. Il raconte l’histoire de deux sœurs, qui du jour au lendemain découvrent un monde parallèle… et se retrouvent malgré elles « petsitters » pour monstres. Beaucoup d’humour et de péripéties rocambolesques en perspective, même si la trame de l’histoire est tout à fait sérieuse ! »

Quel est votre genre de roman favori ? Vous voyez-vous écrire un jour dans un autre registre ?

« Moi, je suis vraiment 100 % dans les genres de l’imaginaire. Mes préférés sont la fantasy et la science-fiction, j’adore faire des mélanges entre les deux, créer des univers un peu futuristes qui regorgent de créatures légendaires. Je touche un peu à tout dans la SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique) :  j’aime bien croiser la fantasy et la romance, j’ai déjà touché à la dark fantasy et j’adore. J’ai déjà testé l’urban fantasy aussi et je suis en train de travailler sur un univers qui mêle dystopie et fantasy. Par contre, je ne pense pas écrire un jour de roman contemporain, historique, ni de polar. Surtout pas du polar ! Je déteste ça ! »

Vous avez choisi de signer vos romans « R.Oncedor ». Pourquoi ce nom de plume ?

« C’est toute une histoire ! Pendant plusieurs années, j’ai fait partie d’un forum d’écriture, qui a eu une très grande importance pour moi. Mon pseudo était « Cornedor » (je me m’étais pas trop foulée, il était inspiré d’un vieux dessin de créature légendaire). Longtemps après, au moment de publier Par le fer et le feu, j’avais envie de le garder, car il est le symbole d’une part importante de ma vie et de mes textes… Alors j’en ai fait un anagramme, « roncedor », qui me plaisait davantage, et l’ai organisé en R. Oncedor pour évoquer un prénom et un nom. »

D’où vous vient cette passion pour l’univers du livre ?

« Mes parents nous ont toujours lu des histoires, à ma sœur et à moi. Cela nous a donné le goût de la lecture très tôt ! J’avais hâte de pouvoir lire toute seule, sans dépendre de personne. L’envie d’écrire est venue de pair, je pense. »

Était-ce un objectif / un rêve d’écrire vos propres livres ?

« Tout à fait ! Je me souviens qu’à onze ans, j’ai écrit trois tomes d’une histoire (absolument impubliable) et au moment de la fin, je prenais toujours un immense plaisir à écrire la fameuse page de remerciements qui se trouve dans tout livre publié. Je rêvais de les voir imprimés en papier avec une belle couverture. Je les avais même envoyés à des éditeurs ! (Évidemment, je n’ai jamais eu de réponse.) Je dessinais aussi les illustrations de couverture. Je pense que je n’aurais jamais imaginé avoir un jour des couvertures aussi belles, pleines de dorures !  Encore moins pouvoir les faire moi-même. »

D’où vous vient votre inspiration ?

« De tout et n’importe quoi. Ce sont souvent les détails les plus triviaux de la vie quotidienne qui m’inspirent des histoires totalement fantaisistes… Un petit lapin va me faire penser à une créature mythologique, un reportage sur le Carnaval de Venise va m’inspirer des masques de métamorphose, un stage en manufacture de manèges va me donner l’idée d’une « fabrique d’êtres vivants »… Même une ampoule grillée m’a déjà donné l’idée d’un texte. »

Quel est votre processus d’écriture ? Avez-vous des habitudes particulières ?

« Quand j’en suis au stade du premier jet, j’essaie d’être disciplinée. J’écris tous les jours, en essayant de faire au moins 1 000 ou 1 500 mots, et toujours avec une playlist musicale qui correspond à l’ambiance de la scène (épique, horrifique, mélancolique, joyeuse…). La musique a vraiment un énorme impact sur ma manière d’écrire.

Pendant mes études, j’écrivais toujours la nuit (pas trop le choix avec mon emploi du temps). Je suis alors très productive, mais j’ai arrêté de le faire. En général, je ne parviens pas à m’arrêter et je finis par me coucher à trois heures du matin ! Hygiène de vie, bonjour… Je fais aussi parfois des marathons d’écriture avec des amis. On a déjà fait une nuit blanche et c’était un franc succès ! Une super ambiance et beaucoup de productivité. Mais évidemment, le lendemain, c’était une autre histoire. « 

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ?

« Deux éditeurs ont remarqué Par le fer et le feu lorsque je pensais encore le publier d’une façon traditionnelle. Mais j’ai eu une très mauvaise expérience avec le premier (je suis partie avant de signer le contrat). Et le contrat du deuxième ne me satisfaisait pas. Dans la plupart des contrats d’édition d’aujourd’hui, les auteurs ne gagnent que 6 à 9 % de droits d’auteur sur leur livre… Sur leur propre livre, qu’ils ont passé des centaines d’heures à écrire ! Et l’éditeur a le dernier mot sur tout : la couverture, la mise en page, le prix… Moi je voulais tout faire sur mes livres, de A à Z, pour avoir des ouvrages qui me ressemblaient vraiment. Alors je me suis renseignée sur l’auto-édition, et j’ai fini par me lancer. Et même si je sue sang et eau sur mes livres, je ne regrette pas ! J’apprends plein de choses, je sors de ma zone de confort, et je suis dix fois plus fière quand on me fait des compliments sur mes romans. »

Quels conseils donneriez-vous aux auteurs et autrices en devenir ?

« D’abord… écrire ! Écrire beaucoup et tester des choses, de nouvelles formulations, s’inspirer de ses auteurs préférés… C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Je trouve que le mieux est d’écrire un peu chaque jour, pour trouver son rythme de croisière. 

Ensuite : toujours se faire relire. Par des amis, de la famille ou des inconnus, mais en tout cas des lecteurs qui sauront pointer les incohérences, les erreurs de style et tout ce qui ne va pas.

Puis laisser reposer le manuscrit, l’oublier quelque part et penser à autre chose. Beaucoup d’auteurs ne le font pas, alors que ça apporte vraiment énormément. Quand on relit l’histoire après deux mois ou six mois de pause, c’est magique : toutes les erreurs nous sautent aux yeux ! Pour Par le fer et le feu, je l’ai relu au bout d’un an et ça a été vraiment très efficace, j’ai pu peaufiner le texte avec un regard neuf.

Et enfin… ne pas sous-estimer l’auto-édition ! Elle a vraiment de bons avantages et quand on est débrouillard ou motivé, c’est un vrai terrain de jeu. Il ne faut pas seulement envisager l’édition à compte d’éditeur ! »

Avez-vous des projets en cours ?

« La plupart des lecteurs me réclament la suite de Masques & Monstres, mais avant, je compte sortir un autre livre ! C’est un « remake » d’un roman que j’avais écrit dans mon adolescence, qui me tient énormément à cœur. J’ai changé l’univers et une bonne partie de l’histoire, je suis très contente de ce à quoi il ressemble maintenant. Il s’appelle L’Ours et la Renarde. Il se déroule dans une société matriarcale et féerique complètement différente de la nôtre… mais loin d’être bienveillante pour autant, puisque c’est une dystopie. Il est en cours de relecture sur le site Scribay, j’aimerais le sortir en automne si tout se passe bien. Ce sera un bon pavé de six cents pages ! »

Où pouvons-nous vous retrouver sur les réseaux ? Y êtes-vous active ?

« Je suis surtout active sur Instagram (sous le pseudo @roncedor) : je fais des posts sur l’écriture, présente des livres qui m’ont plu, organise des précommandes… et quand je reçois des cartons de mes livres venus de l’imprimeur, je submerge les gens de stories les déballant !

Sinon, j’ai une page Facebook, mais je l’utilise très peu. Je m’en sers uniquement pour présenter les événements ou les sorties de mes nouveaux romans. »

Encore un grand merci à R. Oncedor pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous avons été ravis d’en apprendre davantage sur une autrice qui, nous en sommes certains, fera de plus en plus parler d’elle.

Vous pouvez bien entendu retrouver ses romans sur notre librairie BoD.

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